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aiza ve ny these

aiza ve ny these
ANY AN-TANANA ANY TENA
ASIAKO AN'ITY INDRAY MANDEHA MIHIINTSY NY KISOA DIA LASA OMBY
IHAKO AN'ITY NY VOMANGA DIA LASA MANGAHAZO AN!
MAHERY MIHINTSY NY VAZAHA ALOHA MARINA!!!!!!!!!
DRING! DRING!
A ! RAISO IO TELEPHONE IO E !
ERY ARY E ! EFA NARAISIKO E !
TY NO RAISINA AO TY !
DIA MANAO "ALLO" REHEFA RAISINA
ZAY FA TAPAKA ILAY IZY
TAPAKA AHOANA !
ILAY FEO ATO NO TAPAKA
AY HEVERIKO FA ILAY TADY HO ! INY ARY ILAY TADY KO !
ZAY FA RAHA MBOLA MANENO IO ILAY IZY DIA RAISINAO AN !
MANAO "ALLO" DIA MIRESAKA
TADIDIN'I NARY TSARA IZAY AN !
FA ZA MBOLA HANORATRA TSY ATY AMBADIHA ATSY
TY IHANY ALOHA NO TIAKO
NARY A! RAISO "ZAO E " AZAFADY
IE ALAO ALAO !!!!!!!
























































H

MEMOIRE DE MAITRISE
AO NY LANITRA TOMARATRA
NEFA MBOLA TIAKO TARATRA
NY MASONAO MIJERY AHY
ANOLORANAO FANAHY
NY FELANA REHETRA AO
NY TSIKY EO IMOLOTRAO
ANOLORANAO FANAHY
MBOLA FIRAVOANA HO AHY
NY VONINKAZO REHETRA AO
NEFA DIA NY FENANAO
ANIE NO FANAPERA-MAMIKO
TIAKO IZAO REHETRA IZAO
NEFA MBOLA TIAKO INAO
MIOMBONA FANAHY AMIKO
Par

Patricia Salomon Raivo
de la motte
Institut National des Langues et Civilisations Orientales
2004






MOMPERAN I KIOKIONIA
DE L'ORALITE À LA CHANSON

Directeur de maîtrise : Narivelo DELAMOTTE CANET
























*

aiza ve masera toliara

DE L'ORALITE

I-
A- Rahampitso alatsinainy,dia hataoko ny famelan-kekoka
ny lahiantitra sy vaviantitra
B- Ny atalata,ny ankizy kely ..Vitako haingana io
II-
C- Ny alarobia, ny tovolahy sy ny aretin'ny taovam-pananahana
mety ho lava izany ........fa efa manitatra izy ireo

D-ny alakamisy : ny lehilahy tsara kokoa fanahy

III- LES CIRCONSTANCES DU PECHE

A- En situation non formelle

B- En situation formelle

IV- FAMOSAVIANA

A- culpabilité ancestrale

B- Les nouvelles écoles ny karmely


V- FISAVIHAM-BEVAVY

A- Les théories des inuits
jereo trano vaingandranomandry boribory an'ny mponina amin'ny
tendrotany avaratra izy ireo

B- mahatsindry sy mandositra

VI- CONCLUSION

A La douceur de l'igloo

B ary raha vita ny raharaha rehetra ny alahady dia ho sambatra isika


tableau des verbes indicatif interrogatif tableau
des marques casuelles du nominal singulier au duel le ---nominal taisiguti : qui sert à désigner
huit marques casuelles
nuna la terre absolu racine!
up relateur
mik complement d'objet
mi lieu
mut direction
mit provenance
kkut intermediaire
tut a la maniere de
titut a lamaniere de
-declinaison
nuna angijuuvuq la terre est grande
nuna marqueur sujet
nunaup nunaup atinga le nom du pays
relateur
-nunamik takuvuq il voit une terrecomplement d objet
-nunami nunamiittuq lieu dans sur chez
innunniituq
-allatif nunamut pisuppuq il marche vers la terre
-nunamit qaivuq provenance il vient de la terre
--nunakkut disko,aboutibi, chikoutimi,rimouski qaivuq
il vient par la terre
nunatut angijuuvuq
c' est grand comme la terre





























BAIE D HUDSON
BAIE D UNGAVA
DETROIT D HUDSON
LABRADOR
POSTE DE LA BALEINE


oui
expression d'affection à l'egard des enfants
il se fait mal
le haut du dos et et des épaules
neveu ou niece d'une tante paternelle
encore
je ne sais pas
main
petit canard
le cote face au vent
une lime
exclamation de salut
beau frere de sexe different
conjoint
tubercule
il ouvre grand la bouche
il lui donne
morse
il va
arc en ciel
tante maternelle
il le repousse
il le porte
image
abces
il enseigne qq chose
il ne peut pas
ballon de football
emplacement de la viande et de lampe dans l'iglou
paiement
de l'autre coté
il l'a payé
flanc de montagne
oreiller
oncle paternel
longtemps akuni
espace entre deux choses
queue de costume feminin tra
il est heureux
il se déchire
bas intérieur
indien
narval
lettre
il écrit
même
paillasse
l objet situé le plus bas
trou de respiration
allu trou de repiration du phoque
il leche
plante des pieds
sein
loup
vetement femiin pour enfant
le reste
peau
nombreux
etroit
de plus
cercle
palourde
il le tire à soi
mere anaana
excrement anaq
il lui donne un coup de baton
il est ivre angajappuq
frere angajuq
oncle matenel
chamane angakkuk
grand angijuq
il dit oui
une demeure
il avance ds l""eau
homme anguti
il l'attrape
une lance
le frere ani
souffle
il sort
vetement
harnais à chien
vent anuri
il interroge
couvre de neige
marmette
il heurte
neige sur le sol
bas ventre
estomac
lagopede
mou tendre
la partie arriere
epaulard
femme femelle arnaq
morue arpik
il le guerit
tempete
chemin
l'an prochain
l'an dernier
aurore boreale
baleine franche
un autre que lui
ailleurs
araignée
tante paternelle
il roule un tour
ours noir
pauvre
corde
vas y assut
c'est bien vrai
au dessous de
pere
qui adhere
un atausiq
parka interieur
atii vas y
nom
vent qui suit le bord de la cote
semelle de la botte esquimaude
chacun
il l'utilise
l'été labrador baie d'hudson
c'est pourri
sang auk
non auka
il s'en rappelle
il peche à la ligne
il se meut
il part
tison
mou
couveture
rouge
ca fond
autour de
flotteur de harpon
vingt avati
lemming
il s'est séparé de lui
il s'eloigne
une moitié
il lui fait obstacle
prefixation en A terminée

-------------------------------------------------------------------------------------
foyer
fenetre
lunettes de soleil
gorge
torchon à mains
il le jette
viande pourrie
dard d'insecte
i l aborde
il le rejette
il l'a avalé
oeil
il lui ressemble
le froid
epais
testicule
humus
il en a le dégout
il tombe
il rit
fantome
il le traverse
il aide
blessure grave
l'entre deux
il l'allume
chaussette interieure
peu nombreux
il embarque ikivuq
peu profond
c 'est froid
flamme
il s'est paisé
feu ikuma
ils remontent la riviere halés par les chiens
escabeau
coude
foret
compagnon
par expres volontairement
il ressent l'envie final en uq il
orphelin
partenaire
il le brise
il l'apprend
il est gene ilaasuppuq
il le reconnait
foetus
lit
maison
adversaire
fronde
iglou de neige illuvi
entier
le contenu
il agit de toutes ses forces
tous
habitude
tombeau
ainsi imak
etendue d'eau
imiq eau
il boit
hirondelle de mer
peut etre
personnellement
lait immuk
il l'enveloppe
intestin
il avance
ingiulik
vagues houleuses
il le melange inguppaa
place
joli
il a fini une oeuvre inrpaa
il le fait secher
falaise
il se couche sur le coté
pierre à feu
il chante inngipuq
feu etincelle
il a des visiteurssechoir dsl'igloo
phalange de phoque pour jouer aux osselets
lieu desert
un etre humain
il le manque inurpaa
mort d etouffement
saleté
fouet
il l'a attaché
coupant
avant hier
hier
sale
poche
il le ressent
il ressent qq chose
manche
rame
iqaluk poissons
ombles arctique
engourdi
il l'apris à l'hameçon
paresseux
commissure des levres
il fait des grimaces iquvuq
se contracte iqivuq
il fait de la magie
il le lave
huile sale coulant de la lampe
petit fils
le fils irniq
irqapaa il s'en rappelle
le fond de l'eau
lente de pou
éveillé
bout arriere des choses oblongues
visceres
il rince tempe
il a peur
il l'a porté sur ses épaules
aile
fumée
il l'etend
il tourne le dos
il est indisposé par la fumee
siege
il s'asseoit
caisse
bon convenable
mauvais
isuk la fin
un pensée
comme tu veux
il pense
grisatre
il entre avec effraction itaarpuq
il le traite avec pecation itagivaa
pied
profond
paume
anus
il entre
urine itiruq
de l autre coté
glace sur la ligne de marée
vieillard
derniere cote
fil à coudre
l' oiseau couve
le sein d'une femme
ivik herbe de rivage
truite rouge
glace brisée ivuniit
toi ivvit


PREFIXE EN I PASSONS PREFIXE EN K
il a faim
tombe en poussiere
il le poussse
toupie
il tourne sur lui même
epi de cheveux
il le martelle
brun
il continue
il porte à califourchon
propre
foene
il pique
il se mouche
gale
kalak
il traine kalippuq
kallu
il s'occupe kamavuq
chaussure
bas de la jambe
scorpion de mer
en amont de
il le pressent
ilpressent qq chose
baie kangirsuk
oie des neiges
diaphragme
cuivre
il a peur
lent
il reunit
entrée katak
il tombe
ils sont eunis
kauk peu de morse
il le frappe avec un objet
ca s'enfile
il a le cafard kavarpuk















“ Les systèmes de communication sont clairement
en rapport avec ce que l'homme peut faire
de son monde à la fois intérieurement en termes de pensée et d'antipathie. .
L'abbé rakoto était curé de tambohorano bon comme le mofo makasaoka il aimait paternellement la population Pour lui le jour du passage du bateau le paradis descendait sur cette terre qu'il adorait Hélas trois fois hélas le troupeau islamiste ........suite demain... C'est à partir de ces quelques réflexions de Jack Goody qu'est venue mon idée d'étudier le kabary en tant qu'oralité mais tourné vers l'écrit. Il y a plusieurs raisons qui m'ont poussée à prendre ce sujet en main. Au début, c'était très difficile, car, pour moi le mot kabary était tellement évident et logique que tout était normal et qu'il n'y avait pas besoin de l'étudier. Le kabary est un genre de littérature orale qui se pratique tous les jours. Il est omniprésent dans mon vécu quotidien. C'est la lecture du livre de J. Goody qui m'a permis de mieux comprendre ce genre littéraire. Voilà pourquoi j'ai intitulé mon mémoire : “ Le Kabary : Discours traditionnel malgache en Imerina, De l'oralité à l'écriture. ”



I INTRODUCTION


A Madagascar et la langue malgache

Madagascar est une île qui se situe au sud de l'Océan Indien. Elle est classée parmi les pays de l'Afrique noire et ses habitants sont des malgaches. Ce sont des peuples venus du Sud-Est Asiatique et d'Afrique. La langue nationale est le malgache. Elle appartient à la famille malayo-polynésienne. Madagascar est un pays de tradition orale, comme bon nombre de pays d'Afrique.
L'écriture à Madagascar était en caractère arabe avant l'adoption officielle de l'alphabet latin au XIXè siècle pour transcrire le malgache.
Nous ne savons pas exactement en quelle année, ni qui a introduit cette écriture à Madagascar. Celle-ci a dû être introduite à l'époque où des individus de confession musulmane sont arrivés dans l'île. Ceux-ci transcrivirent en caractères arabes, et tel qu'ils l'entendaient, leur langue (un dialecte malgache).
Etienne de Flacourt, qui avait été envoyé à Madagascar par la Compagnie des Indes pour y ouvrir et y tenir un comptoir commercial, était un homme ayant appris les langues mortes comme le latin et le grec, s'intéressant beaucoup à la cartographie et à la géographie, ainsi qu'un grand voyageur qui avait parcouru les régions de France et de diverses contrées d'Europe, comme l'Italie et l'Allemagne.
En arrivant à Fort Dauphin en 1648, Etienne de Flacourt devint gouverneur de la ville jusqu'en 1655 et s'intéressa à la langue malgache et à son histoire, puis publia en 1658 un ouvrage intitulé “ Histoire de la Grande Isle Madagascar ”. C'est la première fois que des documents en arabico-malgache furent introduits dans une publication en français.

Au XIXè siècle, le roi Radama 1er (1810-1828) entretenait des relations diplomatiques avec l'Angleterre et les souverains de ce pays le reconnurent comme roi de Madagascar. C'est à cette époque que des missionnaires protestants arrivèrent à Tamatave (1818) et transcrivirent la langue en caractères latins. Ceux-ci ont ouvert la première école protestante tenue par David Jones. L'orthographe du malgache issue de cet alphabet a été unifiée par le roi Radama 1er en 1823. En 1835, la Bible fut traduite en entier dans le dialecte Merina. Nous pouvons constater aussi la venue de l'imprimerie dans l'île, qui contribue largement la diffusion de la dialecte merina. De ce dialecte devint la langue nationale à partir de ce moment-là, et la Bible fut le premier ouvrage écrit en cette langue.
Les missionnaires ont, d'autre part, recueilli les traditions orales avant que celles-ci ne tombent dans l'oubli. Dans le même temps, ils ont formé des pasteurs qui ont produit des poèmes et créé le premier journal portant le nom de “ Ny Teny Soa ” (La Bonne Parole).
A cette époque, les ½uvres étaient de natures confessionnelles et très moralisantes du point de vue du péché et de la bonne conduite à tenir. Quand la reine Ranavalona II monta sur le trône, les missionnaires furent chassés du pays et la vie païenne fut de retour. Les missionnaires avaient interdit beaucoup de traditions païennes sauf la pratique du kabary que les souverains utilisaient eux-mêmes pour transmettre les informations, ou lors de cérémonies religieuses ou autres.




B Histoire littéraire de Madagascar

En 1896, Madagascar était déclarée colonie française et la reine Ranavalona III (1893-1898) fut exilée à l'île de La Réunion en 1897 avant d'être transférée à Alger, en Algérie, par la suite. L'exil de leur souveraine a fait prendre conscience aux Malgaches de leur attachement à leur Tanindrazana (Terre des Ancêtres). Ainsi, dès lors, la production littéraire n'était plus strictement d'ordre religieux mais également à tendance nationaliste.
En dépit du fait que les traditions orales aient pu être mises par écrit, la littérature orale va subsister malgré tout aux 19ème et 20ème siècles.
La littérature orale occupait une place très importante avant l'arrivée de l'écriture. Dès leur plus tendre enfance, les enfants avaient l'habitude d'écouter les contes de leurs grands-mères. Ensuite, adolescents, ils continuaient à se former en pratiquant le hain-teny, joute oratoire et poétique constituant la poésie traditionnelle malgache par excellence, et qui se pratique le soir après le repas. C'était à celui qui ferait le meilleur hain-teny devant une prétendante. Enfin, adultes, ils maniaient quotidiennement les proverbes et les hain-teny et peuvent les introduire dans des kabary qu'ils feront dans des moments provoqués ou non. Le poids de la parole alors prend une importance évidente, d'où l'existence d'une liste de proverbes très utilisés dans la vie courante d'autrefois et encore en usage de nos jours. Voici quelques exemples de ces proverbes qui appuient notre proposition :

_ “ Ny teny toy ny atody: raha foy manana elatra ”
(La parole est comme un ½uf, lorsqu'il éclot, il s'envole)
_ “ Ny teny, toa ny ombimanga : raha tairina latsaka an-kady. ”
(La parole est comme des b½ufs sauvages, quand on les surprend subitement, ils tombent dans les ravins.)
_ “ Ny teny toa ny kitoza : izay mandinika no mahare ny hafiny ”
(La parole est comme la viande boucanée, ceux qui la ruminent en apprécient la saveur.)
_ “ Ny teny marina fia-pary lava ”
(La bonne parole est une longue canne à sucre à mastiquer.)
_ “ Vava soa sakafo, vava ratsy adidy ”
(La bonne parole nourrit mais la parole inconsidérée devient devoir.)
_ “ Vava tsy ambina no ahitan-doza. ”
(La parole non surveillée provoque un danger.)
_ “ Maloiloim-pihavanana angaha, no manao teny ratsy amin-kavana ”
(Qui a en assez d'une alliance ou d'une amitié dit des mauvaises paroles à ses proches ou à sa famille.)

La tradition orale, que l'on retrouve également dans d'autres régions de l'île, se décline dans les différents parlers de ces régions. Elle se manifeste sous diverses formes comme les contes, les devinettes, les joutes oratoires, les proverbes.
Le discours public qui existe dans tout Madagascar est nommé différemment selon les régions. Ainsi, nous pouvons citer le tarona du pays Betsileo situé dans une région des Hautes Terres Sud de Madagascar. Dans la même région, le isa se présente sous la forme d'un chant poétique. Dans le pays Tandroy, une région à l'extrême de l'île, une des traditions orales se présente sous forme de louanges appelées communément beko.



L'histoire littéraire de l'Imerina est la plus connue, parce que, comme nous l'avons précisé antérieurement, c'est dans cette langue que la Bible a été traduite.
La littérature merina n'était pas plus “ haute ” que la littérature des autres régions. Seulement, à l'arrivée des missionnaires, seul le dialecte merina était prêt à être écrite et utilisée en tant que mode de communication officielle. Les autres variétés de langues sont encore dans un état oral et la transcription écrite était encore à étudier, peut-être à cause du manque de traducteurs. Nous trouvons cette notion de variété “ haute ” ou “ basse ” en linguistique. Cependant, nous privilégierons le terme “ littérature ” à celui de “ variété ”, car notre comparaison ne se limite pas à la seule langue, mais inclut aussi la littérature.
La traduction de la Bible et la collecte des traditions orales expliquent l'abondance de la littérature du pays Merina. En outre, les missionnaires ont publié des ouvrages religieux et participé à la formation de pasteurs locaux, qui, à leur tour, ont publié des textes se référant à la religion. Par ailleurs, des chansons anglaises furent traduites en malgache pour être introduites dans la liturgie et de nouvelles productions littéraires (poèmes, nouvelles...) firent leur apparition. Ainsi, c'est à partir de cette époque la littérature malgache prit une certaine ampleur.
Parmi toute cette littérature, le kabary tient une place particulière. Il s'agit d'une forme de rhétorique que même les pasteurs respectaient dans leurs homélies. A la différence près que les homélies des pasteurs ne sont pas considérées comme des kabary car l'assemblé ne peut pas répondre. Mais tout se qui se rapporte au discours est nommé kabary pour raccourcir. En effet, toute société a besoin de communiquer, que cela soit en interne ou en externe, et le kabary est une forme de communication. Ainsi, dans un premier temps, nous présenterons le kabary, puis nous examinerons ses constructions internes tout en démontrant comment les malgaches ont pérennisé ce mode de communication. Enfin, nous étudierons les nouvelles façons de transmettre ce mode de communication.

A la base de la communication, il y a émetteur et récepteur. Et au milieu de cela, il y a un message que les deux parties veulent faire passer.
Dans le cas du kabary, cette capacité de répondre est inscrite dans la connaissance du sens commun ; c'est-à-dire que tout malgache qui se respecte doit avoir du répondant et avoir beaucoup de références pour pouvoir converser avec autrui.
Nous vous présentons une ébauche de discours pour nous plonger dans ce milieu, très particulier.


-Un discours !

Mesdames et Messieurs,

Nous ne prétendons pas être une mpikabary c'est à dire une orateur experte, mais nous nous intéressons au kabary car il est classé dans notre culture. Et notre culture est notre richesse. Cette richesse vient de nos ancêtres. Nous avons le devoir de la conserver, de l'étudier, de l'analyser. Nombreux sont les spécialistes qui ont manifesté leur intérêt pour ce discours traditionnel ; aussi bien des malgaches tels que, le Révérend Maurice Rasamuel, Siméon Rajaona, que des occidentaux, Eléanor Keenan, Jean Paulhan, Paul Ottino, Maurice Bloch. Il ne s'agit que de quelques représentants car la liste est longue.
Nous présentons nos excuses auprès de ces honorables aînés et parents qui nous ont permis de voir le soleil, car sûrement nous allons les offenser par notre ignorance. Nous demandons pardon auprès de nos aînés car nous ne sommes qu'une infime partie dans ce monde et nous ne sommes que des enfants inexpérimentés en ce qui concerne le kabary. Nos aînés et nos parents nous ont précédé pour nous conseiller, car leurs conseils sont précieux ; leur conseil sont comme de l'or tombé par terre, il brille de mille feux, les mettre comme un bijou, il rend beau celui qui le porte, “ Toy ny volamena, raha latsaka an-tany mamiratra, raha iambozonana mahatsara tarehy ”. Les conseils des parents et des aînés sont comme des canoës, qui nous ont rendu service alors, il ne faut pas donner un coup de pied sur leurs têtes, “ Tsy mitsipa-doha laka-nitana.
Nous demandons pardon pour enlever le blâme. Car le blâme est une épée de Damoclès sur notre tête, il faut s'en occuper avant qu'elle nous tombe dessus. Cette recherche n'est pas faite pour blasphémer leurs mémoires, mais pour comprendre les changements et le fonctionnement de notre société de jadis et d'aujourd'hui. Nous ne pouvons rien sans nous référer à leurs travaux pour mieux nous éclairer sur notre chemin de recherche sur le kabary. Un terme aux multiples sens mais signifiant globalement “ communication ”. Sa signification change selon le temps, l'endroit et surtout, selon la représentation du monde dans laquelle notre société vit. En effet, toute société communique selon ses visions du monde ; et nous allons démontrer que malgré le caractère insulaire, les malgaches ont une vision très large.
Après avoir enlever le blâme, nous adressons nos remerciements à tous ceux et celles qui nous ont aidés pour cette recherche. Nous ne saurions trop comment les remercier mais comme les poules qui boivent de l'eau, elles lèvent leurs têtes pour dire merci au ciel. Nous, nous inclinons les nôtres pour montrer notre reconnaissance.

Sur ce, Mesdames et Messieurs, nous allons entrer dans l'étude de kabary en faisant ressortir que le kabary évolue tout en restant fidèle à son origine.
A travers le kabary, nous verrons le point de vue des européens et des nationaux sur la communication dans la société malgache. Ainsi, nous tenterons de comprendre les modes de communication entre individu et au milieu de la société. Mais avant cela, définissons le kabary.



II PRESENTATION DU GENRE KABARY

A- Présentation géo sociologique

Le terme kabary vient du mot arabe Khabar [خبر], qui veut dire nouvelle ou information. Le dictionnaire Firaketana mentionne que ce mot existe aussi chez les Javanais Cabar, ou du Swahili Khabar. Ce dictionnaire, comme les autres dictionnaires (Malzac, Rakibolana), définit ce terme comme un discours public, une parole prononcée haut et fort devant plusieurs personnes. Le mot kabary se réfère aux discours qui doivent accompagner toute cérémonie ou acte important dans la vie malgache, comme la naissance, la circoncision, les demandes en mariage, l'enterrement, ou le famadihana (littéralement retournement des morts, mais c'est le moment où toute la famille doit se réunir pour rendre hommage aux ancêtres).

Avant de présenter le genre kabary, nous voulons définir la région qui nous concerne pour délimiter notre étude. L'Imerina est une région montagneuse qui se trouve au centre de Madagascar. Elle est traversée par les fleuves : Mania et Manandona au sud, et Ikopa et Manantana au nord ouest. Hubert Deschamps dans son livre intitulé “ Madagascar ” paru dans la collection que sais-je, dans Presse Universitaire de France, a écrit que : “ toute la partie centrale du Plateau, la plus haute, aurait, si l'on croit la tradition, été occupée, d'une manière très lâche, par des pêcheurs de rizières et de marais, les “ vazimba ”, qui n'avaient que des sagaies à pointe d'argile.
Divers petits groupes d'immigrants, probablement venus de la Côte Est, franchirent la falaise et progressèrent peu à peu sur le Plateau. Au Sud se fondèrent ainsi les quatre grands royaumes “ Betsileo ”. Au Nord, des immigrants d'origine indonésienne, les “ Hova ” s'installèrent quelques villages au bord de la plaine marécageuse de Betsimitatatra occupée par les vazimba. Des chefs “ Hova prirent femme chez les Vazimba, cette caste nobiliaire des Andriana forma plusieurs minuscules royaumes. ” P. 32. (Chap. III, Le Plateau.)
La première population était donc des Vazimba. Le seigneur de l'Imerina s'appelait Andriantomara. Nous ne nous intéressons pas aux lignées de leurs ancêtres, mais seulement au nom d'Andriandranolava (1360-1380 ?), qui a utilisé en premier le kabary. Avant lui, en effet, quand on voulait diffuser une information, c'était le “bouche à oreille ” qui fonctionnait.
La pratique du kabary a été une grande étape car pour réunir les sujets, pour la communication et pour divulguer les lois décrétées par les souverains, le recours au kabary était très efficace.
On ignore la date pour cette découverte du kabary. Mais en tant que mode d'information locale, le kabary constituait une évolution pour gouverner une région. Ainsi, à chaque fois qu'il y a kabary, nous pouvons constater quatre éléments très distincts. Il y a une réunion, des informations, des discussions, et une décision.
L'homme qui pratique le kabary est appelé “ Mpikabary ”, que nous pouvons traduire par orateur. Le kabary est un discours qui a des règles établies devant être suivies scrupuleusement, tout en apportant les nouvelles, bonnes ou mauvaises, sans trop endormir les auditeurs.

Le genre kabary est un genre littéraire oral, que nous pouvons retrouver dans tout Madagascar. Il peut incorporer d'autres genres, comme le hainteny (joute oratoire), les poèmes, les devinettes, et les proverbes.
Comme tout discours, il est prononcé haut et fort par une personne devant un auditoire, pour permettre à chacun d'entendre l'information transmise par l'orateur. Cette définition est celle de tous les dictionnaires malgaches (Malzac, Rakibolana,...) sauf le Firaketana, la seule encyclopédie malgache, malheureusement inachevée qui en parle plus longuement en signalant le début et le genre de kabary politique tel le kabary d'Andrianampoinimerina.

Le discours traditionnel malgache ou kabary s'inscrit dans le cadre de la littérature orale de Madagascar, comme une ½uvre à laquelle on reconnaît une finalité esthétique. Le caractère de cette littérature lui confère un remarquable effet de spontanéité bien que se référant à des règles établies par la tradition.
Voici quelques définitions du kabary par les orateurs et les écrivains, ainsi que les chercheurs occidentaux, outre celles énoncées dans les dictionnaires.
Pour le Révérend Maurice Rasamuel : “Un discours différent de celui des occidentaux qui sont, eux, simples, pleins d'adjectifs et d'adverbes, le discours malgache par contre repose sur des parallèles et des comparaisons avec la nature. ”
Pour Job Rakotojaona (pasteur et mpikabary) : “ Le kabary est un discours bien ordonné, décoré de proverbes ou de hain-teny, qui est agréable à entendre, que ce soit dans la joie ou dans le malheur, et sa beauté rend clameur , qui capture l'esprit et le c½ur, ne laisse pas le public penser à autre chose excepté à ce que l'orateur dit, quelle que soit la longueur du discours. L'agréable ici ne veut pas seulement dire qui rend joyeux, mais qui n'irrite pas non plus. Alors dans la peine, la tristesse s'allège, et dans la joie, le discours réjouit le c½ur.
Le kabary a besoin tant d'habileté, que seule une personne n'ayant pas de défaut de langue et dont la parole n'est ni inarticulée ni précipitée peut le pratiquer. Il a besoin d'une personne qui ne soit pas bègue ou qui traîne en parlant. Ne peuvent être mpikabary, donc prononcer le kabary, ni ceux qui ont leur langue dans leur poche, ni ceux qui parle comme un chiffon, déchiré par-ci, par-là. Par ailleurs, le kabary exige une puissance vocale. ”
Pour le Pr. Roger Bruno Rabenilaina : “ Le kabary ou discours public est un genre littéraire oral où se manifestent les deux grandes fonctions de la langue dans la société, celles de communication et d'information ou de persuasion. C'est dans ce sens que le kabary est considéré comme le levier de la langue malgache et donc de son bon usage. Effectivement, la communication et l'information sont d'autant plus efficaces et persuadent d'autant plus les auditeurs que le locuteur, ici le mpikabary ou orateur, respecte des règles de la langue et en fait ainsi le bon usage. Toutefois, outre le respect des règles et du bon usage que s'impose le mpikabary, celui-ci est, amené à porter de l'estime à ses auditeurs en s'efforçant de tenir compte de leur double aptitude à connaître le sens codé des formes linguistiques et à procéder à de inférences à partir de la signification proprement linguistique des énoncés et des connaissances qu'ils estiment pertinentes pour aboutir à une interprétation plausible de ces énoncés dans la situation où les mpikabary leur ont été adressés. C'est la raison pour laquelle le mpikabary ne se contente pas de produire un discours bien agencé respectueux des règles de la langue mais s'appuie aussi et surtout sur la mentalité des auditeurs et les connaissances dont ils disposent relativement aux us et coutumes caractérisés par le respect des aînés et de la dignité humaine et par la considération qu'on doit à chacun selon son rang. ” Cette définition, nous l'avons trouvé dans un livre édité par Ambozotany Analamahitsy, qui s'intitule “ Mpirahalahy manala ”. Les auteurs sont trois jeunes poètes, écrivains et un des trois est un mpikabary qui se spécialise sur le kabary hatsikana que nous pouvons traduire par kabary humoristique. Ainsi, nous pouvons trouver aussi de l'humour dans un discours traditionnel. Mais nous parlerons de lui dans notre chapitre consacré sur les Mpikabary.
Jean Claude Rahaga ne fait pas que définir le kabary mais il explique comment il voit le kabary. Cet article se trouve dans un petit livre qui s'intitule “ Madagascar fenêtre ”. Il explique que “ Les discours traditionnels ou kabary, tiennent une place particulière dans la vie sociale des Malgaches. Longtemps appelé palabre par les Européens, avec une connotation péjorative, le kabary est une facette intéressante de la culture malgache. Il n'y a pas d'événement important (mariage, funérailles, retournement de morts, réunion politique...) qui ne soit précédé d'un ou de plusieurs discours, véritables joutes oratoires entre différents intervenants. Les kabary les plus importants sont ceux prononcés par les monarques (ceux du roi Andrianampoinimerina pouvaient durer des heures) et ceux des demandes en mariage.
Les kabary sont nés avant l'arrivée de l'écriture à Madagascar, d'où l'importance du lovantsofina (tradition orale) dans la transmission des fomba (pratiques coutumières) ”.
Rahaga parle ensuite du rôle des kabary, qui est pour lui d'informer, de persuader, ou d'argumenter, mais nous verrons cela ultérieurement. Parmi les explications que nous avons trouvé, celles de Jean Claude Rahaga étaient les plus claires. Toutefois, d'autres explications méritent d'être étudiées également. Nous verrons que selon les moments, dans les funérailles par exemple, il faut juste informer l'auditoire sur la vie du défunt, et comment l'enterrement va se dérouler.
Si ce discours n'est pas à la portée de tout le monde, c'est suite à son caractère ésotérique, réservé seulement aux initiés, et qui nécessite “ un savoir savant ”. Il faut une maîtrise de références, puisées dans les traditions, apprises d'autrui, qui embrasserait tous les domaines du savoir et de la sagesse, du mythe, de la religion et de l'histoire.
Jean Louis Joubert écrit que le kabary est l'art de l'allusion, supposant une subtile connivence culturelle. Ce qu'on attend d'un bon orateur, c'est qu'il respecte scrupuleusement l'usage littéraire, tout en apportant la surprise heureuse d'un agencement imprévu et parfaitement pertinent du contexte.
Pour Elinor Keenan , le kabary est très différent de la conversation “ resaka ”. Pour elle il y a une différence entre discours ordinaire et discours oratoire. Paul Ottino la citait dans son article de l'Etude Océan Indien N° 15. Nous verrons plus loin ce qu'elle entend par cette distinction.
Quand nous avons consulté le Rakibolana frantsay-malagasy, au mot “ discours ” il rapporte surtout que c'est un resaka, c'est ensuite qu'il mentionne comme kabary ou lahateny.



B- Construction littéraire.
Nous avons mentionné que ce discours est structuré. Il contient beaucoup de hain-teny et de ohabolana. Il peut contenir aussi des devinettes et une des définitions de Job Rakotojaona qui nous indique beaucoup de parallèles. Ces parallèles viennent surtout des représentations du monde que chaque individu acquière durant sa vie. Ainsi, chaque malgache peut faire des parallèles selon son image ou sa représentation du monde dans laquelle il vit.
Pour commencer notre étude sur la construction littéraire, nous allons voir ce que les ohabolana ou les ankamantatra (devinettes), mais avant cela, allons voir le plus mystique des discours ancestrale : le hain-teny.
LE HAIN-TENY
Le hain-teny est un mot composé de hay qui veut dire savoir et de teny qui veut dire mot. En d'autre terme, c'est “ une science des mots ”. Le hain-teny est très différent de ohabolana, un mot composé de ohatra qui veut dire exemple et de volana qui veut dire parole. Mais nous pouvons voir dans le hain-teny des proverbes (ohabolana) et des devinettes (ankamantatra). Ce terme n'est utilisé que chez les Merina et encore que chez les lettrés. Selon Paulhan, ce sont des poésies populaires que les malgaches élevés à l'occidental trouvent incohérentes. Ces poésies peuvent être appeler “ fampanononana ”. C'est un nom avec un radical “ tonona ” traduit par prononciation. Le terme “famp- ” est un préfixe de substantif causatif. Donc la traduction littérale est faire prononcer. Ce sont des questions énigmatiques qui appellent des réponses. En effet, c'est une poésie non rimée en forme de question qui doit être répondu par une autre poésie non rimée. Ainsi, le hain-teny est un ensemble de poésies. Paulhan, Dahle et Rainandriamanpandry ont publié des recueils de hain-teny. Bakoly Domenichini-Ramiaramanana, a fait une thèse très intéressante “ du ohabolana au hain-teny ”. Bakoly Domenichini pense que le hain-teny est “ explosif : une phrase qui éclate autour d'un mot ou d'une expression ; et si nous n'y prenons garde, le message fuira par toute ces brèches ouvertes, alors qu'en lui-même le hain-teny n'est pas insensé ”. Il faut noter qu'il y a une relation très étroite entre le hain-teny et le ohabolana, c'est que l'intensité du ohabolana contenu dans le hain-teny est très manifeste. Plus il y a des ohabolana approprié, plus le hain-teny est très incohérent, car le sens du ohabolana peut être plusieurs. C'est ce que Bakoly Domenichini rapporte sur les études de Paulhan, qui en outre pense aussi que le hain-teny se rapproche beaucoup plus des fatrasies que la vocation polysémique. Nous avons dit que le hain-teny est tout un ensemble de récitation de poèmes. Nous allons voir maintenant quand et comment ces récitations se présentent.
Le Merina respecte beaucoup de fady (tabou, interdits). Sa vie est très réglementée par ces fady. Dans certaine famille Hova et Andriana, il est interdit de chanter dans la journée. Alors le soir est réservé aux contes, aux légendes, et au hain-teny. Cela se passe après le repas du soir. Les jeunes rangent les vaisselles et mettent des nattes propres. L'homme du foyer fait entrer les gens qui attendaient dans la cours. Un des étrangers s'assoit à côté son hôte et le hain-teny commence. L'un d'eux prononce quelques vers, l'autre répond de la même façon- ironique, plaintif- mais toujours avec rythme et énergie. La récitation peut être longue. Les répliques prononcés de plus en plus fort et ponctués s'allongent. Les assistants y prennent part. Ils encouragent un des partis en prononçant de mots brefs et rythmés qui ont pour but de ramener la discussion sur son véritable terrain. L'objet de la discussion peut être nombreux.
L'étranger qui a provoqué le hain-teny a eu un désaccord avec un des habitants de la maison. Le soir venu, il vient pour régler le problème. Paulhan a dit “ l'improvisation des hain-teny lui est un moyen de mettre en évidence son bon droit ”. Il donne bon nombre d'exemple mais s'il nous faut en cité qu'un c'est celui-ci : un homme a convoqué un guérisseur en hain-teny car il ne veux pas le payé. La raison : sa maladie empire. La majorité de hain-teny a pour objet une conquête de femme. Souvent, cela concerne des querelles d'amoureux. Un homme pris en flagrant délit d'infidélité, utilise tous les proverbes, les devinettes et les mots possibles pour implorer l'indulgence de sa femme et le laisser rentrer au foyer. Nous pouvons constater alors que les femmes peuvent répondrent au hain-teny. Cette discussion n'est pas réservée qu'aux hommes.
Mais le hain-teny peut être des simulations qui sont provoqués par le même membre d'une maison. Dans ce cas, ce ne sont que des jeux de mots et des proverbes pour rendre la soirée agréable. Un thème proposé est débattu sous forme de hain-teny. Cela devient un exercice d'éloquence et de rhétorique. Quand l'un des partis hésite et ne répond pas, il se reconnaît vaincu.
Les Européens qui ont assistés au hain-teny ont eu l'impression d'être présent devant une querelle d'intérêt très virulent. En effet, c'est un moyen pour régler les problèmes de la vie quotidienne. Le hain-teny, au début, a été écarté par les missionnaires du faite de leurs caractères un peu sexuelles. Les seuls merina que pouvaient interroger les missionnaires étaient les “ nouveaux convertis ” qui n'ont qu'une idée en tête c'est de faire oublié leurs pratiques ancestrales et d'autant plus que la mode était d'imiter les “ vazaha ” (européens). Etant donné que c'est une poésie légère et à tendance érotique, cela ne convient surtout pas aux principes moraux des nouveaux chrétiens. Ajoutons à cela que l'évolution de la langue se faisait très vite, en parti avec l'évolution des écoles, la littérature populaire fut oubliée, pour ne pas dire mise à l'écart. La langue utilisée dans les hain-teny devint une langue pour les vieux. La pratique devient de plus en plus rare. Dans un endroit où il y a une influence d'idée européenne, le hain-teny n'existe pratiquement plus. Paulhan allait dans des petits villages loin du centre pour en cueillir. Triste constatation car il n'y que les andevo (esclaves) qui se rappellent encore du pratique du hain-teny. Ainsi, le hain-teny était connu de toute la caste Merina. Le résumé de Paulhan dans son extrait nous parait très claire. Il a mentionné que : “ Ce que nous devons retenir, est que le hain-teny n'a pas de valeur en lui-même et pris isolément. Que sa récitation serve à un débat ayant une origine et une portée pratique, ou qu'elle soit un simple jeu, elle suppose une rivalité, une hostilité réelle ou imaginaire qui doit terminer par la victoire de l'un des deux rivaux. Le hain-teny, si l'on veut accepter le mot, est une poésie d'autorité. Il entre dans une lutte d'éloquence où il n'est qu'un argument. ”
Le hain-teny nous intéresse parce que c'est un des composant du kabary. Il est différent du ohabolana et de ankamantara. Nous avons mentionné que ces deux derniers étaient les constituant du hain-teny. Ainsi, pour résumer, le kabary englobe le tout, à la différence près que le kabary est structuré. Et surtout pas à la portée de tout le monde. La pratique du hain-teny n'est plus d'actualité. Hors mis les kabary, même les andevo ne s'y intéressent plus car la langue est de plus en plus incompréhensible. La notion de tout ce qui se rapporte au malgache est de plus en plus délaissé.
Mais la malgachisation des années 70, n'a non plus fait un retour aux sources. Il était beaucoup plus important pour les jeunes malgache de se tourner vers les occident avec leurs sciences et les rationalismes que d'étudier les langues auxquelles il n'y avait que les vieux qui les pratiquaient.
C'est vers les années 80 que les jeunes se mobilisent pour programmer un concours de kabary dans des différents établissements et des écoles, telle que le Collège Rasalama, qui se trouve dans le capitale, pour un évènement culturel.
Nous avons aussi constaté un engouement pour un retour aux sources. Au par avant, le hain-teny était un jeu pour lequel le but était que celui qui était en face ne savait plus quoi répondre. Parfois, cela pouvait être un moyen pour régler les différents devant un sage ou un ray aman-dreny, (père et mère).
Nous pouvons constater aussi que hain-teny s'intègre très bien dans le kabary à tel point que nous ne savons plus où il commence et où il se termine. Les termes du hain-teny sont


Voici une discussion en hain-teny que Paulhan mentionne dans son extrait :
I
Diavolana an-kady
Mazava an-tanana
Izany setrok'afon'ny atsy andrefana
Tsy mba setrok'afo fa angolangola
Izany totovarin'ny aroa atsinanana
Tsy mba toto vary fa haitraitra
Hitsidika aho manan'ila
Hitoetra aho menatr'olona

II

Vitsika aho ka vitsika
Aroa andrefana aroa hono
Misy tanimbary madinidini-bary
Tsy ny tanimbary no madinidini-bary
Fa isika roroa no madinidini-pitiavana

III

Tanalahy ambonin-kazo ny vintana
Miova volo matoa misy zaza misioka


IV

Tsy satrim-parihy hitera-potaka
Ao ihany raha manakobana
Maro ny hazo fa ny fary no mamy
Maro ny valala fa ny ambolo no tsara soratra
Maro ny olona fa hianao no andrian'ny saiko



La traduction ne laisse aucun doute sur le thème de l'amour sur se hain-teny.
I
Claire de lune dans le fossé
Le village est clair
Cette fumée, vers l'Ouest,
N'est pas de la fumée, mais une coquetterie.
Ce riz qu'on pile vers l'Est,
N'est pas du riz qu'on pile, mais un caprice d'amour.
Irai-je visiter ? J'ai une femme.
Si je reste ici, j'aurai honte.

II

Je suis une fourmi et une fourmi.
Là-bas, dit-on, à l'Ouest,
Il y a des rizières au riz petit, petit.
-Ce ne sont pas les rizières dont le riz est petit, petit ;
C'est notre amour à tous deux qui est petit, petit.
Le destin est un caméléon à la cime d'un arbre
Il suffit qu'un enfant siffle pour qu'il change de couleur.

III

-Le lac ne voulait pas engendrer la boue :
Pourtant, si l'on agite l'eau, elle apparaît.
Nombreux sont les arbres, mais c'est la canne à sucre qui est douce.
Nombreuses sont les sauterelles, mais c'est l'ambolo qui a des belles [couleurs.
Nombreux sont les gens, mais c'est en vous que mon esprit se repose.



Paulhan explique que dans le hain-teny I, l'homme introduit sa déclaration en prétendant que tout lui paraît amoureux, la lune, le bruit du riz qu'on pile. Quand nous, avons lu ce hain-teny d'un seul trait, nous avons pensé que le hain-teny I répond au hain-teny II. En fait, la réponse de la femme ne se manifeste que dans les deux derniers vers du hain-teny II. Elle répond que “ Ce ne sont pas les rizières dont le riz est petit petit, mais c'est leur amour qui est petit, petit ”.
L'explication qui nous est venue en tête tout de suit après est que leur amour sont petit, alors il n'y a peut-être pas matière à discuter. Seulement, le mot qui nous renvois l'intensité de leurs amour n'est pas le mot “ petit petit ”, mais le symbole du riz qui est l'alimentation de base des malgaches. Nous avons remarqué aussi que l'homme ne rentre pas tout de suite dans sa déclaration, il parle du fossé qui entoure le village, que le village est claire, il hésite ensuite parce qu'il est déjà marier.
Le hain-teny est très intéressant parce que non seulement il régule les différends entre individu, mais il fonctionne aussi en tant que discours structuré.




Bourdieu, a une explication très intéressante pour notre comportement sur notre mode de conversation. Le but de son livre était de démontrer le marché linguistique, mais si nous regardons bien, pourquoi le kabary et le hain-teny étaient devenus sur le marché ? Pour ne pas le trahir voici ce qu'il a écrit :
“ La sociologie ne peut échapper à toutes les formes de domination que la linguistique et ses concepts exercent encore aujourd'hui sur les sciences sociales qu'à condition de porter au jour les opérations de construction d'objet par lesquelles cette science s'est fondée, et les conditions sociales de la production et de la circulation des concepts fondamentaux. Si le modèle linguistique s'est aussi facilement transporté sur le terrain de l'ethnologie et de la sociologie, c'est qu'on accordait à la linguistique l'essentiel, c'est-à-dire la philosophie intellectualiste qui fait du langage un objet d'intellection plutôt qu'un instrument d'action et de pouvoir. ”


III- LES CIRCONSTANCES DU KABARY

Avant de traiter les circonstances du kabary, nous volons précisé que le kabary se prononce soit en situation non formelle, soit en situation formelle. Nous allons voir qu'il y dans la situation formelle, des règles établies que personne ose écarter ou ignorer. Avant cela qu'est ce que nous appelons le kabary en situation non formelle.
A- La situation non formelle
Le mot kabary se réfère aux discours qui doivent accompagner toute cérémonie ou acte important dans la vie malgache comme la naissance ou la circoncision, les demandes en mariages, les enterrement, ou le famadihana (recouvrement des linceuls des morts). Mais tout acte important peut arriver à n'importe quel moment de la vie. Selon Paul Ottino : Il y a deux sortes de discours.
Il y a le discours ordinaire, celui de tous les jours teny andavan'andro. Ce discours se prononce dans des circonstances non formelles. Par exemple quand les parents parlent à leurs enfants, la grand-mère qui donne sa bénédiction à sa petite fille. Ces discours sont différents de teny ou resaka que nous pouvons traduire par parole ou conversation. Le discours qui nous intéresse est agrémenté de “ hainteny ”, comparables à des paraboles ou des parallèles, des proverbes et des contes pour faire comprendre à l'auditeur le message d'une manière pas trop brusque. Ils peuvent devenir également des “ joutes oratoires ” où la discussion tourne au “ combat ”. Dans ce cas, plus il y a des hainteny appropriés plus l'argumentation devient intéressante, et la persuasion efficace. Les hainteny sont des outils accessibles à tout le monde pour argumenter, persuader, contester. Qualifier ces moments de “ non formel ” est peut être trop avancé. Paul Ottino pense que c'est inscrit dans la “ connaissance du sens commun ” ou le “ bon sens ”. La pratique de ce discours ordinaire reflète la réalité sociale. Cette connaissance est profondément enracinée dans toute la pensée malgache. Jean Paulhan rapporte que, vivant chez l'habitant et dans des conditions assez précaires, il lui est arrivé de parler d'une manière emphatique pour imposer sa vision à sa logeuse. Il parla jusqu'à ce qu'il se rendit compte qu'elle ne l'écoutait plus, elle le regardait avec un sourire et lui disait : “ Voix de cigale couvre les champs, corps de cigale tient dans la main. ”. Ce qui voulait dire : “ Tu n'es pas riche, ne cherche pas à épater le monde ! ”. En d'autre terme, ce n'est pas parce que tu parles d'une manière intelligent que tu es important. La logeuse se sent peut être inférieure car il est étranger. Dans une autre situation où une mère a manqué d'attention et agit de façon non réfléchie, son fils lui dira : “ Petit caïman avalé par sa mère, personne n'est grondé. ”. Et la mère ne dit rien, parce que c'est la vérité et que nul ne peut contester. Il y a beaucoup de situations comparables dans la vie quotidienne. Cette expression est “ imaginale ”. Terme assez savant pour dire que ce comportement est inscrit dans l'inconscient et oriente le mode d'appréhension des autres, selon Paul Ottino.
B- En situation formelle
Job Rakotojaona, dans sa définition a dit que le kabary se pratique dans la joie et dans la tristesse.
L'autre discours dans des moments formels est qualifié de “ discours oratoire ”. Selon Paulhan, c'est une “ langue sacrée ”, distincte, efficace, et ambiguë. Quelles sont les qualités des “ Mpanao kabary ” (les orateurs officiels) ? Question que pose Paul Ottino. C'est qu'ils savent “ mamolaka ny teniny ” répond Elinor Keenan. La racine du mot “ mamolaka ” est “ folaka ”, qui signifie deux choses.
D'abord, il veut dire retourner, contourner, dans le sens circulatoire ou spirale ; en malgache “ mihodina ”. L'orateur n'aborde pas directement le sujet mais effleure tangentiellement tout en faisant attention à sa vision. “ C'est un art de l'allusion, supposant une subtile connivence culturelle ” (Jean Louis Joubert). Ce que l'on attend d'un bon orateur, c'est qu'il respecte scrupuleusement l'usage littéraire, tout en apportant la surprise heureuse d'un agencement imprévu et parfaitement pertinent du contexte ”.
Ensuite, le mot “ folaka ” peut également signifier, dresser, dompter, maîtriser. Comme on peut dresser les b½ufs pour tirer les charrettes, les orateurs peuvent dresser les mots pour prononcer leur discours devant leur public. Cette faculté de dompter les mots n'est pas donnée à tout le monde. Le “ parler oratoire ” selon Ottino nous renvoie au besoin d'exercices et de pratiques. Cette pratique a pour base un “ modèle ” appelé “ pattern ”. Cela peut venir de l'éducation traditionnelle. Pour savoir dompter les mots, il faut du temps et de persévérance. Autour du feu, le soir en attendant le repas, pendant une ballade dans les champs en gardant les b½ufs. Mais dans ce cas, cela rentre aussi dans l'éducation traditionnelle que Paulhan mentionnait dans son cahier n°2.
Si ce discours n'est pas au porté de tout le monde, c'est par suite de son caractère ésotérique, réservé seulement aux initiés, et qui nécessite “ un savoir savant ”. Il faut une maîtrise de référence apprise d'autrui, qui embrasserait toutes les domaine de la tradition, du mythe, de la religion et de l'histoire.
Cette connaissance doit être structurée. Ainsi elle est différente de la connaissance du sens commun. Le discours formel ou oratoire comporte une structure traditionnelle à laquelle les intervenants se conforment invariablement.
C'est comme construire une maison, les architectes savent qu'il y a une norme à respecter tout en fabriquant une jolie maison différente des autres.
C'est dans discours en situation formelle qu'intervient notre construction littéraire. Comme nous avons dit dans la présentation du kabary, ces discours accompagnent les mariages, les naissances, les circoncisions, les funérailles et autres événements dans la vie comme les inaugurations d'une maison.
Nous avons dit que dans chaque kabary, il y a d'autre genre qui peut les intégrer pour argumenter, persuader ou tout simplement pour informer. Nous ne pouvons pas tous les traiter, alors nous allons voir juste les grands moments. Nous pouvons diviser les kabary formels en deux parties. D'abord, il y a le kabary au niveau familiale, qui ne concerne que chaque individu de chaque membre de famille. Ensuite, il y a le kabary que chaque individu doit effectuer au niveau de la société dans laquelle il vit. Ce kabary est qualifié de kabary politique. Ce kabary existe dès le commencement, car comme nous l'avons vue au départ le kabary était un moyen pour informer les sujets des lois décréter par les souverains. Pour les malgaches l'amitié, la solidarité et la société tiennent une place très importante. Les traductions en malgache sont le fihavanana, firaisankina, fiarahamonina. La racine du premier terme est “ havana ” que le dictionnaire Malzac traduit comme parent, allié, ami. Un des proverbes dit que “ ce n'est pas le commerce qui a existé en premier mais l'amitié. ”, (Tsy ny varotra no taloha fa ny fihavanana), alors tout ce que les malgaches tiennent compte de ne pas abîmer l'amitié et l'alliance qui unie chaque membre de la société. Ensuite le firaisankina, que nous avons traduit comme solidarité, est un des moyens qui maintient la cohésion de la société. Enfin, aucun malgache ne pense à se suffire à lui-même. Il a besoin du monde qui l'entoure, il n'est un maillon de la chaîne au quelle il n'a pas le droit de couper. Cette pensée, cette image de la société est très encrée dans chaque malgache et l'amitié qui lie chaque individu est très importante. A Madagascar, les parents ou les aînés sont sacrés, qu'aucune personne n'a le droit de les offensés ou de les profanés en les manquant de respects. Ce mode de pensée ne s'applique pas seulement entre parent et enfants mais à toutes les personnes âgées dans la société, y compris ceux qui n'ont aucun lien de parenté avec soi. Cela s'applique aussi entre souverain et leurs sujets, car il y a un proverbe qui indique que “ quand le souverain devient orphelin, son peuple devient ses parents, quand le peuple est orphelin, son souverain devient son parent. ” (Kamboty ny andriana, ny vahoaka no rainy, kamboty ny vahoaka ny andriana no rainy.). Ce n'est pas pour autant que les souverains et les personnes âgées peuvent faire ce qui leurs plaisent. Dans la société malgache, chacun a son rôle. Qu'il soit grand ou petit, cadet ou aîné, pauvre ou riche, ils ont leurs places et ne doivent pas faire autrement que ce qui était destiné pour lui. Nous avons résumé la pensée malgache pour nous montré dans quel idée les malgaches prononcent chaque discours, car nous allons comprendre pourquoi ils demanderons des excuses à chaque parents, aînés, et mêmes les cadets car toutes ces personnes ont leurs place dans la société et prendre la parole devant eux sans s'excuser est compris comme un blasphème qui peut provoquer un blâme. Ainsi à chaque fois qu'un malgache prends la parole, il doit demander pardon, doit enlever les blâmes, et les sanctions. (Tsiny sy tody). Après tout cela vient les salutations, sans oublier Dieu en premier lieu, viennent les ancêtres, car sans eux, nous ne serions pas sur cette terre. Ensuite les parents, les cadets, les amis et toute la familles sans distinction.
Pour Job Rakotojaona, le kabary est utilisé dès le petit cercle familial ou un père fasse une recommandation à son fils, le chemin qu'il doit mener. Ce kabary peut être un coup de c½ur, mais il peut être aussi des paroles bien pesés, et bien réfléchit avant d'être prononcées. C'est un kabary an-trano, qui se pratique dans la maison, mais comme aucun homme ne suffit à lui-même, il doit y avoir beaucoup de relation avec autrui. Ainsi, le kabary devint un discours entre deux maisons, qui se pratiquent devant la porte. C'est un “ kabary an-tokonana ”. La vie de la société ne concerne seulement que deux maisons, mais tout un village, alors on prononce le kabary dans un endroit public. C'est un “ kabary an-kianja. ”. C'est ce que nous appelons “ kabary politika ”. C'est ce discours que les souverains pratiquent pour informer le peuple, pour régler les différends entre membre de la société.
Pour commencer, il y a ce que les malgaches appellent “ Sava ranonando ”, c'est un nom composé de “ sava ” qui veut dire, action de séparer, d'enlever, de débarrasser, ou de se dissiper, et de “ ranonando ” qui veut dire la rosée du matin. Ce n'est tout simplement l'introduction. Dans ce parti l'orateur se présente et annonce qu'il ne s'est pas proposé mais désigné par la famille pour la représenter (solombava). Il sera humble devant l'assistance et demande leur indulgence car il ne se sent pas expérimenté pour un discours de cette envergure. Ensuite, il demandera si l'assemblé est complet ou il y a encore des gens en retard vue le temps qu'on ne peut pas limiter, (Ny fotoana tsy mifametra), et l'heure bien définit ne peut rien contre un incident (Ny fotoam-bita tsy mahaleo ny sampona). Dans d'autre kabary le mot ala-sarona qui veut dire enlever les couvercles, est remplacé par tari-dresaka qui est composé de deux mots, tarika (action d'attirer), et de resaka (conversation).
Vient ensuite le “ Fialan-tsiny ”, c'est un nom composé à partir du verbe “ ala ” qui veut dire, se retirer, se désister, ou quitter, le tsiny est un blâme que les malgaches préfèrent éviter car c'est une faute grave , et les conséquences sont immesurable. Jean Luc Rahaga qualifie le fialan-tsiny comme une rite de purification. Le Rev. P. Callet le définit comme un reproche. Et il a expliqué pourquoi les malgaches ont peur des “ tsiny ”. Pour ne pas mourir jeune. La Bénédiction “ Trara-anitra ianao Tompoko ! ”, littéralement traduit par le révérend “ que vous soyez atteint par la vieillesse est in peu péjoratif car en occident ce n'est pas bon signe d'être vieux. Contrairement à Madagascar, avancer en âge est un honneur. Les personnes âgées sont considérées comme des pères et des mères. Elles signifient la sagesse et l'expérience de la vie.
Le Rev. Père Callet a écrit : “ Si l'on s'excuse ainsi, c'est parce qu'on craint qu'il n'y ait dans l'assemblée des personne plus âgées ; or, si on prend la parole avant son père et sa mère, ou avant le souverain on meurt jeune. Telle est la coutume, soit en présence du roi, soit en présence de la population, ici dans le pays découvert ou dans celui qui est couvert de feuilles ; et on ne peut pas omettre ces parties, car c'est ainsi qu'on s'est exprimé depuis les souverains d'autrefois ; on s'excuse envers celle des personnes présentes qui sont peut-être plus âgées. ”

Le “ Fialan-tsiny ” accompli, le mpikabary peut faire les salutations en faisant attention de ne pas oublier “ Zanahary ” et les ancêtres. En malgache cette salutation s'appelle “ fiarahabana”. Et enfin l'orateur rentre dans l'objet du discours.
Le dénominateur commun du discours est la structure. Que ce soit dans la situation formelle ou non, le Kabary est structuré d'une manière à ne pas brusquer l'autre qui vous écoute. Nous allons voir trois exemples majeurs dans le discours formelle : Le mariage, les funérailles et le kabary politique que cela soit pratiqué actuellement ou dans les temps des rois. Nous devons préciser que dans chaque événement il y a un ou plusieurs discours plus ou moins structuré.
Dans le cas du mariage. Il s'agit de négocier les conditions dans lesquelles vont être conclus l'union. C'est-à-dire, les termes de contrats de mariage, comme “ kitay telo andalana ” (bois de chauffe trois rangés). C'est une sorte de division des biens qui met une partie pour la femme et deux parties pour l'homme. Où, il y a aussi la part de communauté aux acquêts. Le jeu oratoire a pour but d'authentifier ces termes du mariage que souhaitent les futurs époux. Il s'agit d'une argumentation que la famille fasse passer dans les actes, le désir du futur époux par l'intermédiaire des parents qui sont représenté par les mpikabary. Cette négociation fait fonction de loi en dépit du fait qu'il n'y ait aucune trace écrite du résultat de la conclusion. Actuellement, la Mairie, les avocats cet acte orale.
Lors du mariage, il va s'agir aussi de discuter des conditions matérielles dont la cérémonie va se dérouler, le nombre d'invités, la gestion financière des dépenses, et l'église dan laquelle aura lieu le mariage religieux. Les deux parents se réunissent et l'accord empreint déjà une structure du Kabary, ceci en présence des deux fiancés. Ensuite ils précisent la date du demande en mariage, les condition dans laquelle se déroulera la cérémonie, l'avenir du nouveau foyer (domicile), généralement chez l'homme.
Dans la demande en mariage (vodiondry) faite par les Mpikabary professionnels, car jusque là les discours peuvent être faites par les personnes âgés, devrait contenir les informations suivantes : D'où vient l'homme, histoire de ses ancêtres, quelle est sa situation. La famille de la jeune fille demande, comment le jeune homme compte faire vivre sa famille nouvellement fondée. Le fiancé donnera une dot qui se composera d'un échantillon de chaque billet qui existe et de chaque pièce, c'est une valeur symbolique qui indique le souhait de la famille que tout soit parfait et que rien ne soit oublié.
Après acceptation par les parents, le futur mari offre un bouquet de fiançailles dans lequel est cacher une bague de fiançailles, pendant ce temps le mpikabary commente le caractère parfait du bouquet, son symbolisme. La fiancée doit chercher la bague qui y est cachée, avec un commentaire que le jeune homme a beaucoup chercher avant de trouver la perle rare. Ce qui souligne la qualité du jeune homme.
Ensuite, il y a un discours autour d'un gâteaux de fiançailles, que le mpikabary du jeune homme ne manque pas de souligner la complexité du gâteaux, farine, beurre, ½ufs, sucres, lait,etc., qui va être réunis comme symbole de leurs future maison. La pâtisserie sera coupée par les jeunes fiancés, et c'est l'homme ou la femme qui va tenir le couteau et qui présage de tenir la maison. Partagé et distribué à l'assemblé, la journée se termine par des chants et des danses.
Ensuite, il y a la cérémonie religieuse, la prédication sera en forme de kabary. Dans un certain endroit de Madagascar, on sème des riz pour que les mauvais esprits soient occupés à récupérer les grains de riz au lieu de jeter des mauvais sorts sur les nouveaux mariés.
Voici une allocution prononcée au mariage que nous avons trouvé dans l'ouvrage de R.P Callet. Il a mentionné “ coutumes malgache 1876 ”.
“ Et, maintenant, Messieurs, nous allons avoir un entretien familial sous le toit de la maison ; nous sommes tous réunis ici les membres de la famille, soit le père et la mère, soit les aînés qui ont l'air d'être des pères, soit les cadets, assez forts pour vaincre et surmonter, je vais prendre la parole en premier lieu et vous prie de m'en excuser. Après avoirs présenter mes excuses, je salue la Reine ; puisse-t-elle être exempte de maux et de vieillir au milieu de ses sujets. Si nos remerciement et nos salutations arrivent à la Reine, il y en a suffisamment pour les princes qui ont droit à notre salut. Nous les parents ici présents, puissions-nous être sanctifiés par les actions de grâces et les prières, afin de pouvoir sanctifier notre Reine, ce qui nous permettra de jouir de la paix à l'intérieur de notre maison, je serai court, car ce sont là des coutumes anciennes, Messieurs. Voici les propos tenus par le prince untel et rapportés par Monsieur untel : “ hâtez-vous, courez, ouvrez la porte, demandez la prospérité, demandez des descendants ; car si c'est de l'argent que vous nous donnez, ou de nombreux b½ufs, ou de grandes et belles maisons, tout cela peut être épuisé : mais une prospérité, une descendance à tout jamais que nous sollicitons ”. Et le prince untel a tenu aussi les propos suivants : “ Il n'est personne qui grimpe à un arbre qu'il ne connaît pas. C'est comme ce grand qui couche au bord du foyer : “ Ce n'est nul autre que moi-même ”. C'est comme les bords d'une marmite qui forment un cercle complet et qui comprend tout ; si je vous demande, c'est parce que vous êtes des parents ; aussi venons-nous séparer les feuilles (examiner l'affaire à fond) et envisager la situation ; c'est pourquoi nous vous disons : ouvrez-nous la porte, Monsieur ”.
Les parents qui se trouvent à la maison répondent en disant : “ C'est vrai, ceci, Monsieur, et nous répondrons aussi selon la vérité, après ce que vous venez de dire. Nous sommes réunis ici, nous les membres de la famille, non pour répondre à des propos tenus par d'autre propos, mais parce que Monsieur nous a chargés de parler ; je vous renvoie donc les reproches au pays où l'on ne va pas, quant aux v½ux exprimés, puisent-ils s'empresser de parvenir à Ialamasina pour y sanctifier la Reine. Et nous nous, ici présents, puissions-nous être bien portants, sous la garde de Dieu et des ancêtres, avoir une nombreuses postérité et une grande descendance, complets dans la largeur, troués dans la longueur (être de tous points accomplis).
“ Cela est vrai, Monsieur, et lorsque le prince untel est venu, s'est empressé et a couru, a ouvert la porte pour demander, nous avons agréé la demande et l'avons bien reçue et nous donnons notre enfant ; nous la donnerions même à d'autres qui ne le valent pas et, à plus forte raison à lui, lui qui n'est pas étranger, mais qui est des nôtres, comme on dit Manambolo entre et sort librement ; toutefois, même en acceptant, nous avons posées, car on dit : ” le clauses préalables ne sont pas identiques et la façon de couper un peu irrégulière ”. Le mariage n'est pas un n½ud serré, mais un n½ud coulant ; on se marie après accord conclu ; si on ne peut pas vivre à la façon du souverain et du peuple, en appliquant la règle des trois rangées de combustible, dont deux appartiennent à l'homme et une à la femme, nous nous y refusons, Monsieur. Si une faute est commise, qu'on ne se renvoie pas sans divorce ; qu'on procède, pour nous la rendre, comme quand on est venu la chercher. Si un décès survient, notre fille ne sera pas aux frères de son époux ; tout comme les plumes d'un poulet vivant ne sont pas au coin du foyer, elle ne sera pas l'épouse de plusieurs hommes, car nous ne la donnons que pour lui seul. Quant aux dettes, notre fille ne saurait être poursuivie à cet effet. Les enfants qui naîtront les premier de cette union seront à nous : telles sont les conditions et on vous les fait connaître, Monsieur ”.
Les “ mpaka ” répondent : “ vous avez raison , Monsieur, et Monsieur untel a dit : “ Vous n'allez pas suivre des pierres et des arbres, mais une

# Posté le dimanche 06 novembre 2005 10:37

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